Papier publié dans l'édition Nord-Loire de Ouest-France du 30/03/2016

Plus de 200 personnes découvrent une autre image de la Zad

Un collectif d’associations (Acipa, Amap, Copain, Comité cantonal anti-aéroport, Vivre à Treillières) proposait, vendredi, une rencontre avec des habitants de la Zad de NotreDame-des-Landes. Malgré la concurrence d’un match de foot international télévisé, plus de 200 personnes ont répondu à l’invitation. Comme à La Chapelle-sur-Erdre, il y a quelques semaines, la démarche répond visiblement à une attente de la population. La projection du film Une réponse à la Cop 21 et à son monde : Construire la Zad (1) permet de lancer un débat riche en découvertes pour nombre de présents. Les « zadistes » répondant sans tabou ni faux-fuyant aux interrogations du public.

Un univers structuré

Située aux confins de Treillières, la Zad est une micro société et un laboratoire d’idées alternatives, constitués de quelque 60 lieux de vie et 200 résidents permanents répartis sur environ 1 600 hectares. « Oui, il y a parfois des dérapages, comme partout ailleurs » , confie Michel. Loin des clichés et des rumeurs, on prend conscience d’un univers structuré où s’activent des éleveurscultivateurs exploitant 220 hectares de terres agricoles. On y trouve aussi une auberge, une scierie, une conserverie, une boulangerie, un atelier mécanique et un marché. Ancien enseignant ou ingénieur, étudiante aux Beaux-arts ou salarié d’une entreprise nantaise, ils expliquent leur démarche. « Pour moi, tous les curseurs de notre société (économie, environnement…) sont au rouge. Il faut s’engager sur d’autres voies que nous expérimentons. » Quid de l’avenir de la Zad après le référendum ? « Si c’est non à l’aéroport, nous resterons, bien sûr, pour conforter ce que nous avons engagé. Si c’est oui, nous resterons aussi, car ce référendum local n’a aucune légalité face à un projet national ! » Dans la salle, Marcel Thébaud, installé depuis 1999, est un des quatre « agriculteurs historiques » ayant refusé de quitter les lieux. « Oui, nous avons été indemnisés, mais nous refusons de partir. Nous n’avons pas encaissé les chèques. Nous les avons renvoyés à la Caisse des dépôts et consignations ! » À eux quatre, ils continuent d’exploiter quelque 400 hectares. « C’est vrai, d’autres ont accepté les indemnisations et continuent d’exploiter les terres ! Ce n’est pas plus mal, car ça évite les friches. Mais le jour où d’autres agriculteurs en auront besoin, nous les y installerons. »

(1) Film de 26 mn sur http://zad.nadir.org

ZAD.png